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16 février 2010

Ce matin

Aujourd’hui j’ai la petite forme, de celle qui te rend ramollo du ciboulot.

Pourquoi me diras-tu ?

 

En vrai y’avait pas de raison précise à la base. Juste de la fatigue accumulée qui te fout le coup de mou (et aussi cette satanée voiture qui a encore et toujours une couille dans le capot).

 

Alors tu vois ce matin dans le bus j’avais un peu l’air morose, l’œil cerné et la motivation d’un mollusque pour aller travailler.

 

Je suis descendue à mon arrêt. Comme tous les matins.

J’ai traversé le boulevard en passant par le métro pour aller me prendre une dose de caféine. Comme tous les matins.

 

Les couloirs du métro me donnent toujours la même sensation.

Anonymes, impersonnels, la seule chaleur qui s’y dégage est celle des bouches d’aération.

 

Mais depuis quelques temps je vois dans ces mêmes couloirs un monsieur d’un certain âge avec sa valise. Il est là, assis, essayant de garder la dignité que la société lui a enlevée.

 

Cet homme ne me laisse pas indifférente.

Il me voit passer tous les matins, je lui offre tour à tour de quoi manger, boire, de l’argent.

 

Je le sens gêné et j’en viens à être gênée aussi.

 

Il me dit que je ne dois pas me sentir obligée de lui donner quelque chose tous les matins.

 

Il me dit aussi que mon sourire et les quelques phrases que l’on échange lui suffisent.

 

Pendant quelques temps je ne l’ai plus vu, ce matin il était de nouveau là.

 

Toujours un sourire, un mot gentil mais il avait l’air fatigué et des coquards soulignaient ses yeux.

 

Il s’est fait agressé par une bande de minots. Rien de grave mais il va être hospitalisé.

 

Il m’a dit de ne pas m’inquiéter si je ne le voyais pas pendant quelques jours (lui-même s’est inquiété de ne pas me voir ces derniers temps).

 

Puis il m’a souhaité une bonne journée et m’a dit de filer travailler afin que je ne sois pas en retard.

 

J’en ai eu les larmes aux yeux et le cœur crevé.

 

Mes histoires de fatigue et de voiture m’ont parues alors absolument superflues voire superficielles.

 

17:06

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