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27 février 2010

Une escapade


Il est tôt, je me réveille à l'heure où certains ne sont pas encore couchés, mes yeux piquent et mon corps a du mal à sortir de sa torpeur.

Un café, une douche, je m'habille, me maquille et je sors. Le taxi est déjà là et je lui indique ma destination. La gare.


Nous passons par le port et mis à part quelques personnes sur le quai tout est calme.

J'aime tellement cette sensation de ville endormie, malgré la fatigue je me sens bien et je pense que cette ville si agitée et bruyante le jour révèle bien plus ses charmes à cette heure ci.


Me voilà à la gare. J'ai toujours aimé l'ambiance des gares et des aéroports, j'y trouve un je ne sais quoi de rassurant. Les départs, l'excitation, les embrassades, les arrivées, les sourires des gens qui se retrouvent, j'aime observer les va et vient, je me demande où vont les gens et pour quelles raisons.


Le temps de vérifier mon billet et je monte dans le wagon qui sera mon mini cocon pour quelques heures. Il fait encore nuit, je lis, me repose sans arriver à dormir, trop de pensées m'agitent. J'observe le paysage, mes pupilles s'affolent et j'imagine au fur et à mesure la vie des gens dans ces contrées. Beaucoup de zones agricoles, ça me parle. J'aime l'enchaînement des paysages, c'est comme un film qui déroulerait devant mes yeux, tout va tellement vite.


Me voilà déjà arrivée à Paris. Il fait froid, gris et pluvieux mais ça n'a pas d'importance je n'ai pas le temps de profiter de la ville. Je suis là pour le travail, une réunion et retour chez moi. Je quitte une ville pour une autre mais je me sens comme une étrangère dans cette ville que je connais si peu et j'aime ça. J'ai l'impression que les gens sont différents, ou alors c'est moi qui le suis et s'ils ne parlaient pas français je pourrais même me croire dans un pays étranger. J'aime cette sensation, je sors de mon quotidien, aujourd'hui je ne verrai pas tous les endroits habituels, ça fait un bien fou.


A peine sortie de la réunion je reprends le chemin de la gare pleine à craquer, un pêle-mêle de vacanciers, hommes et femmes d'affaires, familles. Le train est plein.

Je me retrouve à une place entourée de trois autres femmes, des sourires et quelques mots échangés le train démarre. Je me dis que cet endroit partagé avec ces personnes facilite une certaine convivialité qui n'est plus courante au quotidien. Le ronronnement du train me berce et je m'endors le cœur léger.


Au réveil je ne sais plus très bien où je me trouve, j'ai froid, dehors il fait toujours gris. Je ne sais pas où nous sommes, j'observe le paysage et j'en déduis qu'il me reste encore un bon bout de trajet. Je pourrai rester des heures à regarder par la fenêtre et songer, comme si le temps était suspendu.


Les régions se succèdent, déjà je devine des paysages plus familiers. Les collines de calcaire pointent à l'horizon, les cyprès, les pins apparaissent enfin. Le train passe à travers la garrigue, la végétation m'est familière: chênes kermès, thym, romarin, je devine les odeurs à travers la vitre, ces odeurs ancrées dans ma tête et dans lesquelles j'ai tellement baigné. J'ai soudainement envie de voir la mer, elle n'est plus très loin mais elle me manque. Bizarrement. Je ne l'ai quittée que depuis ce matin mais sa présence et son odeur me manquent.


A peine arrivée je descends au port et j'hume à plein nez ses odeurs. Celle de l'iode se mêle à celle des huiles de moteurs et de poisson, c'est une odeur très particulière mais je l'aime. Je suis de retour chez moi !



Cette escapade m'a fait du bien malgré sa brièveté, ce voyage en train m'a transportée à travers d'autres régions, vers d'autres horizons, je me dis que toutes ces régions sont belles mais que la mienne je l'aime.



J'apprécie d'autant plus ma ville lorsque je la quitte.

17:37

16 février 2010

Ce matin

Aujourd’hui j’ai la petite forme, de celle qui te rend ramollo du ciboulot.

Pourquoi me diras-tu ?

 

En vrai y’avait pas de raison précise à la base. Juste de la fatigue accumulée qui te fout le coup de mou (et aussi cette satanée voiture qui a encore et toujours une couille dans le capot).

 

Alors tu vois ce matin dans le bus j’avais un peu l’air morose, l’œil cerné et la motivation d’un mollusque pour aller travailler.

 

Je suis descendue à mon arrêt. Comme tous les matins.

J’ai traversé le boulevard en passant par le métro pour aller me prendre une dose de caféine. Comme tous les matins.

 

Les couloirs du métro me donnent toujours la même sensation.

Anonymes, impersonnels, la seule chaleur qui s’y dégage est celle des bouches d’aération.

 

Mais depuis quelques temps je vois dans ces mêmes couloirs un monsieur d’un certain âge avec sa valise. Il est là, assis, essayant de garder la dignité que la société lui a enlevée.

 

Cet homme ne me laisse pas indifférente.

Il me voit passer tous les matins, je lui offre tour à tour de quoi manger, boire, de l’argent.

 

Je le sens gêné et j’en viens à être gênée aussi.

 

Il me dit que je ne dois pas me sentir obligée de lui donner quelque chose tous les matins.

 

Il me dit aussi que mon sourire et les quelques phrases que l’on échange lui suffisent.

 

Pendant quelques temps je ne l’ai plus vu, ce matin il était de nouveau là.

 

Toujours un sourire, un mot gentil mais il avait l’air fatigué et des coquards soulignaient ses yeux.

 

Il s’est fait agressé par une bande de minots. Rien de grave mais il va être hospitalisé.

 

Il m’a dit de ne pas m’inquiéter si je ne le voyais pas pendant quelques jours (lui-même s’est inquiété de ne pas me voir ces derniers temps).

 

Puis il m’a souhaité une bonne journée et m’a dit de filer travailler afin que je ne sois pas en retard.

 

J’en ai eu les larmes aux yeux et le cœur crevé.

 

Mes histoires de fatigue et de voiture m’ont parues alors absolument superflues voire superficielles.

 

17:06