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06 mars 2010

Une rivière

La journée est belle, ensoleillée, le week-end s'annonce magnifique.

Tout est prêt, la voiture est pleine, il est temps d'y aller. Nous partons. Un peu d'autoroute puis à nous les routes de campagne.

L'ambiance bat son plein dans la voiture au rythme de la musique et des conversations enjouées. Cette route nous la connaissons par coeur, nous en apprécions toujours autant la beauté, elle a un parfum de vacances tant elle nous transporte ailleurs.

Les points de repères s'enchaînent: la ligne droite bordée de platanes, le no man's land où l'ocre de la terre mélé aux pieds de vigne irradie sous le soleil, la fôret de chênes. Les villages s'éveillent avec la nouvelle saison, les badauds sont parés pour le marché, les affiches nous annoncent tour à tour la foire aux pois-chiches, à la saucisse, à l'olive, au miel.

Déjà nous traversons les étroites ruelles menant à notre destination, dans quelques instants nous y serons.

A peine sortie de la voiture l'odeur de la menthe sauvage me saute au nez. Un pur bonheur. Je revis.

Les embrassades, nos amis, leurs enfants, les poules, les chèvres, le potager, je suis dans mon élément. Les discussions s'enchaînent, le plaisir de se revoir, de se raconter, de dire des bêtises. Nous sommes les enfants.

Nous trinquons, pastis, olives, rosé, grillades, tomates du potager. Coeur de boeuf, Coeur de pigeon, Noire de Crimée, Ananas, Yellow Bell, un régal pour les yeux et les papilles. Les amis, un bon repas, le calme, les oiseaux, la campagne. Le bonheur simple.

Il fait chaud, l'alcool et le soleil nous assomment, nous rions.

Un peu de fraîcheur s'impose, direction la rivière. Le trajet sous le soleil de plomb finit de nous achever, nous pressons le pas, avides d'eau fraîche et d'écrevisses.

Au détour d'un chêne nous devinons son doux murmure, l'humidité pointe, la voilà enfin. Les derniers orages ont modifié les berges, des arbres morts nous servent de pont et nous retrouvons nos habitudes sur l'herbe fraîche parsemée de sable fin. L'eau est froide mais le soleil de plomb ne nous laisse d'autre choix que de nous y jeter en hurlant tels des kamikazes.

L'eau glacée coule le long de mes cheveux, mon corps entier se raidit, un flash dans ma tête, je me sens revigorée, prête pour la soirée.

Ces instants se prolongent, enfants, adultes, on se jette de la corde, bombes humaines, on fait mine de se noyer les uns les autres. Monte sur les épaules, saute, plonge, qui de boire la tasse, qui de faire la sieste ou de bronzer, qui de pêcher les écrevisses.

Le soleil décline déjà, nous rentrons fortifiés par ce bain, emplis d'une énergie nouvelle, la soirée peut commencer.

Sors l'apéro, envoie la musique, on remet ça ce soir !


Nous dansons sous les guirlandes lumineuses, un feu brûle non loin, l'humidité du soir renvoie les effluves des herbes sauvages, les visages sont radieux, détendus. L'alcool délie nos corps et nos langues, fous rires, discussions enflammées, des étincelles plein les yeux. Demain nous irons à ce marché que j'aime tant. Déjà nos spéculons, les goûts, les odeurs, les gens, la terrasse du café.

 

Je pars me coucher sous les stridulations des grillons, la lune est haute et me guide.

 

16:59

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