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27 mars 2010

Sauvé(e)

Ce matin il m'est réapparu, là, toujours au même endroit, dans ces couloirs qui me paraissaient si vides depuis notre dernière rencontre.

Lorsque je l'ai aperçu au loin je n'ai pu contenir mon sourire, un sourire de soulagement, de joie, un sourire éclatant. Je me suis approchée, il était heureux de me voir, je lui ai demandé de ses nouvelles, je voulais tout savoir cette fois-ci, ne rien oublier, ne pas regretter. Les choses ont drôlement bougées pour lui, bientôt un toit, un travail, il me dit que je ne le verrai plus très souvent désormais. Ça me peine mais je ne peux que me réjouir pour lui, soulagée qu'il puisse quitter ces couloirs, qu'une nouvelle vie s'ouvre à lui, que toutes ces rencontres n'ont pas été vaines. Il a même rencontré une femme, il n'est pas prêt, je remarque quand même la joie que ça lui procure, je suis heureuse pour lui.

Je lui dit que je me suis sentie stupide après notre dernière rencontre, que je ne lui avait rien demandé, que je voulais à tout prix l'aider. Il me remercie, me dit simplement que seule ma présence est importante, mon sourire, ma gentillesse, que c'est déjà beaucoup pour lui, que je ne dois pas me sentir coupable ni m'inquiéter. Une fois de plus j'en suis touchée. Une fois de plus ma sensibilité prend le pas, l'émotion m'envahit, il le voit, se sent gêné, a peur que je sois triste. J'ai les yeux embués, je ris, toutes les émotions se mélangent, je lui dis que ce n'est que de l'émotion, pas de la tristesse.

Une fois de plus il perçoit des choses sur moi, il m'en fait part, me dit que gentille comme je suis personne ne devrait me faire du mal, qu'il faut que je fronce plus les sourcils, que je dois rester telle que je suis mais être plus sur mes gardes. Il a tellement raison, je repense à une phrase que l'on m'a dit un jour: 'on ne doit pas prendre ta gentillesse pour de la faiblesse.'

Quelques phrases plus tard je lui demande son nom, il me donne également un numéro de téléphone, me remercie encore et encore, me dit que lorsqu'il sera installé on pourrait se voir afin de se donner des nouvelles. Il me prend la main, me souhaite une bonne journée, je pars.

Je ne sais pas quand est-ce que je le reverrai, j'espère que sa vie sera belle.

Je marche dans la rue, le vent souffle, comme s'il balayait avec lui toutes mes inquiétudes, je me sens légère, soulagée d'avoir pu apporter un peu d'humanité à cet homme, soulagée pour son futur, je ne ressens plus cette angoisse qui m'avait assaillie la dernière fois. Je suis toujours sous le charme de cette rencontre improbable, sous le charme de cet homme qui a su deviner en moi certaines choses, je n'oublierai jamais ces moments et ces paroles échangées.

09:33

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