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11 avril 2011

Les autres et moi

Certains jours rien ne prédispose à dire que la journée sera chargée en émotions. La matinée s'étire normalement, rien de spécial à l'horizon, limite si le quotidien au travail en est réconfortant. Un peu de fatigue du début de semaine, le soleil est là, le réveil a été doux.
Et puis les pensées s'envolent, l'esprit se laisse porter par des discussions remémorées, par un visage qui nous parait fatigué, fragile l'espace d'un instant. La sensibilité à fleur de peau je ne peux pas rester indifférente aux autres, à mes proches, à des situations qui me touchent. Je me demande immédiatemment ce que je peux faire, ma présence est acquise mais ce n'est pas assez pour moi. Je ne sais pas rester là, comme ça, je veux faire plus, je donnerai de moi s'il le faut, c'est mon sang. Je suis émue, j'essaie de ne pas le montrer, j'ai eu envie de partir pleurer non par peine, juste pour dégager cette boule qui m'opressait, par pudeur je ne l'ai pas fait.
Il est de ces rencontres qui font du bien, qui semblent évidentes, qui te permettent de tout dire ou de ne rien dire justement. Il est de ces silences agréables, sans gêne, sans obligations. Un moment passé, la boule s'est en partie dissipée, mon souffle s'est calmé, j'ai repris ma respiration. Lorsque j'ai levé les yeux je les ai vus, faisant la queue, des jeunes, des vieux. Un buffet de fortune les attendait, ce soir ils ont pu manger. Je les ai regardés, le regard perdu au milieu de ces visages marqués, les pensées m'agitaient de nouveau, différemment il est vrai, je me suis sentie touchée. J'ai senti la boule monter dans ma gorge, l'inondation de mes yeux était imminente. Je n'ai pas détourné le regard, je n'ai pas cédé aux larmes, je n'ai pas voulu tout mélanger. Il n'empêche j'étais troublée.
Une fois l'émotion passée je garde en moi cette sensation forte, ce sentiment difficile à expliquer, ce qui m'anime, ce qui fait que je ne serais jamais de marbre, ce qui me rend faible et forte à la fois. Ma sensibilité.

23:21

09 avril 2011

Avant, pendant, après

Je me souviens petite de l'exercice auquel nous avions été soumis à l'école. 'Racontez comment vous vous imaginez lorsque vous serez grands.' Je crois même que c'était plus précis, comment je me verrais en l'an 2000. Je me souviens en partie de mes réponses. Lorsqu'on a 8 ans on pense que passé la vingtaine on est vieux. J'en souris aujourd'hui. Je me voyais mariée, avec des enfants, exerçant le métier que je disais toujours vouloir faire. L'an 2000 est passé, rien de tout ça ne fait partie de ma vie. Ces idéaux d'enfants ne sont rien, j'en ai rêvé un moment, j'ai voulu y accéder, ces pensées ont martelé mon cerveau, tournant à l'obsession.
Et puis j'ai abandonné. Non pas par dépit. Ces pensées m'ont quittées, je me suis sentie libérée, prête à vivre les instants qui s'offraient à moi, plus rien en tête que le présent, la vie, les choses, les envies ça va ça vient. Je suis contente que ces choses se soient estompées à ce moment là. Je ne m'en rendais pas compte mais plus je courais après plus rien n'arrivait. Que plus j'embourbais mon esprit avec ces idées plus je m'enfermais dans une situation que j'estimais ne pas me convenir. Un soulagement le jour où j'ai réalisé ça.
Et aujourd'hui ? Je n'aime pas les phrases toutes faites, je ne me fie pas aux dictons, proverbes et autres citations mais je dois en convenir, ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Le passé m'a beaucoup appris. La douleur qui était mienne, les épreuves traversées, les doutes, les coups durs m'ont apporté plus que je ne pensais. Comme il est facile de dire ça aujourd'hui. Facile et aussi bizarre que cela puisse paraître agréable. Je vis dans ce nouveau présent, je me retrouve, je suis de nouveau cette fille, celle d'avant, celle que je ne connaissait plus s'est estompée, alors si le temps d'un instant je devais me prendre à imaginer comment je me verrais dans quelques mois ou années je dirais que ce qui m'importe plus que tout est la sérénité. Partager des instants calmes, doux, simples et vrais avec une personne et laisser filer. Le tic tac de l'horloge biologique me parait plus doux bien que présent, l'envie est toujours là mais elle aussi est plus légère dans sa manière de s'exprimer et de s'imposer à moi.  Plus que tout aujourd'hui je me dis que si cela doit être cela sera.

23:54

05 avril 2011

Douceur

On me dit souvent affectueusement que je suis gentille mais différente, pas faux. Je suis une vraie tête en l'air, une douce rêveuse, une vraie gamine qui s'extasie d'un rien, je vis dans un monde parallèle où tout ne serait que douceur, j'aime ça la douceur.
Les matières, les formes, les couleurs, les paroles, les saveurs, les odeurs. De la laine mohair douce au contact de la peau, du cachemire, des bulles de savon irisées qui éclatent sans un bruit, des flocons de neige, des boules qui scintillent, de la mousse dans mon bain, du vernis à ongles rose, de la fleur d'oranger, un gâteau dégoulinant de miel, la chaleur d'une fin de journée d'été, le bruit de la mer, la brise dans le feuillage des arbres, des paroles chuchotées, une caresse dans les cheveux, les joues d'un enfant, des mots doux, un sourire tendre, un regard qui en dit long, l'odeur des feuilles de figuier.
Je vis dans une autre sphère, je suis parfois loin de la réalité, je me crée des bulles dans lesquelles je trouve des instants de calme et de douceur. Je prends tout ça, je m'en imbibe, je savoure jusqu'à l'indigestion, un trop plein de sucré, un flux jusque dans mes veines, mon sang est saturé, mes hormones réagissent, mon cerveau se noie dans ce débordement, la même sensation que lorsque je met la tête sous l'eau dans mon bain. Lorsque l'overdose est proche, que mes cellules sont imbibées j'en sors, je transpire de douceur, une sécrétion douce et sucrée telle le miellat, je n'ai plus qu'une envie c'est de tout donner. Devenir la douceur même, apaiser de paroles, de gestes délicats, caresser de mon regard mes proches, leur transmettre cette sensation de calme. Juste là, comme ça, par ma présence.

15:19

01 avril 2011

Un nouvel ailleurs

Je suis partie, le coeur lourd je l'ai quitté. Un sentiment mitigé, partagé entre la joie et l'envie de renouveau mais aussi l'appréhension et la sensation qu'une partie de ma vie s'arrêtait.
Cet endroit je l'ai tant aimé, mon premier chez moi, la mer à proximité, les amis, l'amour, la liberté, les joies, les peines j'y ai tout connu. C'était devenu mon village, des sourires échangés, des têtes familières, des brins de discussions, je n'imaginais pas ma vie ailleurs. Les choses ont changées, je me suis sentie prisonnière, plus à ma place en ce lieu plein de ressenti, de douleurs, de visages devenus étrangers.
Ma décision était prise je devais partir, non pour fuir mais pour revivre, pour échapper aux tourments, pour me retrouver et laisser de côté tout ce passé. Je l'ai fait, j'ai bien fait.
Me voilà dans mon nouvel ailleurs, je m'y sens bien, bien sûr certaines choses d'avant me manquent, bien sûr je pense à ce là-bas avec un pincement au coeur, bien sûr j'aurais aimé que tout soit différent mais je me sens bien là où je me trouve. Parfois j'ai l'impression que cet avant n'a pas existé, que tout ça est inventé, que ma vie a toujours été ici.
Aujourd'hui j'ai l'impression que c'est ici que tout se passera, que ce nouvel ailleurs est mon paradis à moi. Je respire à nouveau, mon esprit est serein, je me sens bien.

19:32