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10 mars 2010

Perdu

Les jours ont passé et je ne l'ai plus jamais revu. Ce Monsieur qui ne m'a pas laissée indifférente.

Je me rends compte que c'est bien plus qu'un simple intêret passager. Bien plus que le simple fait que tu t'habitues à une personne que tu croises tous les matins. Bien plus qu'une routine.

Je passe tous les jours par ces satanés couloirs, je le cherche du regard mais je ne le vois pas.

Où est-il ?

Je me demande si tout s'est bien passé à l'hôpital.

Je me demande s'il n'est pas parti ailleurs.

Je me demande si tout va bien.

Je ne sais pas, je ne le saurai peut-être jamais. Je me sens d'autant plus impuissante que je ne connais rien de lui.

Comment rechercher une personne dont on ne sait rien ?

Je me sens perdue ne sachant que faire.

L'espoir, tous les matins, de le revoir.

Cet homme m'a bouleversée, touchée au plus profond de moi.

Je me dis que cet homme aurait très bien pu être mon père ou une personne proche. Je sais qu'il est bien plus facile qu'on ne le pense de se retrouver dans la rue. Je le savais déjà. Cet homme me l'a confirmé.

Je le connais à peine mais son sourire, son regard, son attitude m'ont montré un homme respectable. Je ressens une sorte d'attachement, d'affection que je ne saurais expliquer.

Cet homme m'a touchée et je sais que je continuerai à penser à lui.

17:56

08 mars 2010

Extraits

Je me réveille en sursaut, le téléphone sonne, il est tard, très tard. L'angoisse me gagne. C'est lui. Il est là, derrière ma porte et attends que je lui ouvre. Je suis tiraillée entre la colère, l'envie d'ouvrir et l'envie de le laisser là, comme ça. La fatigue et la lassitude prennent le pas sur la raison, je lui ouvre. A quoi bon ? Il est 3 h du matin, je dormais, il m'a réveillée, je vais devoir lutter pour me rendormir. Demain je me lèverai pour aller travailler, lui partira, les instants passés ensemble auront servi à dormir.


 

C'est l'anniversaire de copine adorée, enfin une soirée dehors, avec du monde, à rire, boire et manger. Je suis si heureuse, je ne me souviens même plus de la dernière fois où je suis sortie. C'est l'été, il fait bon, je profite. Un coup de téléphone. Tout bascule. Il a oublié quelque chose chez moi, il en a besoin, là, maintenant, c'est urgent. L'euphorie retombe comme un soufflé. Il va me harceler tant que je ne cèderai pas. Je pars l'angoisse au ventre, j'ai de la route à faire, je dois justifier chaque kilomètre. Arrivée chez moi l'agression verbale commence, je mens, je n'étais pas là où je disais être. Il m'a vue ailleurs, forcément il a raison, ce ne peut être autrement. Je ne cherche pas à me justifier, ça ne servirai à rien, je sais où j'étais ça me suffit.


 

T'es chez toi ? J'arrive. Il est 20 h, bientôt il sera là. Depuis quelques temps je suis soumise à des sentiments contradictoires. J'ai envie de le voir, j'ai besoin d'affection mais je sais qu'une fois qu'il sera là les choses peuvent vite tourner au vinaigre et je regretterai qu'il soit venu. Alors quoi ? Je m'attache à une image de lui, cette image fanée comme une photo passée à l'eau. Cette image qui me laisse encore des espoirs. Faux espoirs. Il arrive et me regarde à peine, passe son temps au téléphone, il a tellement de choses à raconter. Aux autres. Pas à moi. Je me sens comme une potiche dans mon appartement. Les nerfs parlent, c'est pas beau, ça ne sert à rien. Il part: "j'aurai mieux fait de rester chez moi."


 

Nous nous retrouvons dans cet appartement vide, triste, sans vie. Tant pis, je me dis que peu importe l'endroit du moment que l'on est ensemble. Je prends sur moi, je me sens mal à l'aise mais ne laisse rien paraître. J'aimerai te voir plus souvent, partager plus de choses, créer un avenir. Mes propos sont encore une fois mal interprétés, il pense que je veux le couper de tout et de tout le monde. Je veux juste une relation normale, saine, posée. L'incompréhension tourne en dispute, si t'es pas contente t'as qu'à aller voir ailleurs. Il me met à la porte, c'est la nuit, il est tard.


 

Les vacances. L'euphorie. La nouvelle. Joie puis tristesse. Je sais ce que j'ai à faire même si ce n'est pas ce que je souhaite. J'ai peur. Le retour à la réalité et aux responsabilités. Tu fuis. Je suis seule face à mon désarroi et à cette décision. Le jour J. La panique, les larmes, le sang, la douleur intense et profonde. Je le hais, je me hais. Je ne suis que douleur et regrets. C'est mieux comme ça, je le sais, ça ne console pas mais c'est un fait. Je pleure, beaucoup, j'aurais aimé ne jamais avoir à vivre ça.


 

 

Il a été mon bourreau, je l'ai aimé autant que je l'ai détesté, lui ne m'a sûrement jamais aimée. Je me suis vue faire des choses impensables, je me suis rabaissée, j'ai donné jusqu'à l'écoeurement. Naïve et stupide.

On ne m'y reprendra plus ais-je maintes fois pensé. Erreur. Harcèlement moral, pression permanente. A bout de souffle et de nerfs. Insomnies, crises d'angoisse, l'ombre de moi-même.

Pourquoi ? Comment ?

Je ne le sais toujours pas.

Il m'a bousillée, m'a fait perdre toutes mes illusions, les séquelles sont là.

Un éclair de lucidité, la conviction, le courage. Je suis calme.


Pars et ne reviens jamais.

21:13

07 mars 2010

Des choses

Le bruit des vagues sur les galets. L'orage la nuit. L'odeur d'un parfum me rappelant une personne chère. Un café pris au soleil au petit matin. La confiture de framboises. Les fous rires. L'odeur de la fleur de tiaré. La criée aux poissons. L'odeur du port. L'accent des polynésiens. Les rencontres inattendues. Les câlins d'un enfant. Le sourire d'un(e) inconnu(e). Lire dans mon lit au petit matin. Regarder des dessins-animés. L'odeur du pain chaud. Le marché aux fleurs. Le miel de châtaignier. Un bon roman. Les cerises. Monter à la Bonne Mère. La ville endormie. La maison de campagne de mon enfance. Un chocolat chaud.

 

J'aime.

20:12

06 mars 2010

Une rivière

La journée est belle, ensoleillée, le week-end s'annonce magnifique.

Tout est prêt, la voiture est pleine, il est temps d'y aller. Nous partons. Un peu d'autoroute puis à nous les routes de campagne.

L'ambiance bat son plein dans la voiture au rythme de la musique et des conversations enjouées. Cette route nous la connaissons par coeur, nous en apprécions toujours autant la beauté, elle a un parfum de vacances tant elle nous transporte ailleurs.

Les points de repères s'enchaînent: la ligne droite bordée de platanes, le no man's land où l'ocre de la terre mélé aux pieds de vigne irradie sous le soleil, la fôret de chênes. Les villages s'éveillent avec la nouvelle saison, les badauds sont parés pour le marché, les affiches nous annoncent tour à tour la foire aux pois-chiches, à la saucisse, à l'olive, au miel.

Déjà nous traversons les étroites ruelles menant à notre destination, dans quelques instants nous y serons.

A peine sortie de la voiture l'odeur de la menthe sauvage me saute au nez. Un pur bonheur. Je revis.

Les embrassades, nos amis, leurs enfants, les poules, les chèvres, le potager, je suis dans mon élément. Les discussions s'enchaînent, le plaisir de se revoir, de se raconter, de dire des bêtises. Nous sommes les enfants.

Nous trinquons, pastis, olives, rosé, grillades, tomates du potager. Coeur de boeuf, Coeur de pigeon, Noire de Crimée, Ananas, Yellow Bell, un régal pour les yeux et les papilles. Les amis, un bon repas, le calme, les oiseaux, la campagne. Le bonheur simple.

Il fait chaud, l'alcool et le soleil nous assomment, nous rions.

Un peu de fraîcheur s'impose, direction la rivière. Le trajet sous le soleil de plomb finit de nous achever, nous pressons le pas, avides d'eau fraîche et d'écrevisses.

Au détour d'un chêne nous devinons son doux murmure, l'humidité pointe, la voilà enfin. Les derniers orages ont modifié les berges, des arbres morts nous servent de pont et nous retrouvons nos habitudes sur l'herbe fraîche parsemée de sable fin. L'eau est froide mais le soleil de plomb ne nous laisse d'autre choix que de nous y jeter en hurlant tels des kamikazes.

L'eau glacée coule le long de mes cheveux, mon corps entier se raidit, un flash dans ma tête, je me sens revigorée, prête pour la soirée.

Ces instants se prolongent, enfants, adultes, on se jette de la corde, bombes humaines, on fait mine de se noyer les uns les autres. Monte sur les épaules, saute, plonge, qui de boire la tasse, qui de faire la sieste ou de bronzer, qui de pêcher les écrevisses.

Le soleil décline déjà, nous rentrons fortifiés par ce bain, emplis d'une énergie nouvelle, la soirée peut commencer.

Sors l'apéro, envoie la musique, on remet ça ce soir !


Nous dansons sous les guirlandes lumineuses, un feu brûle non loin, l'humidité du soir renvoie les effluves des herbes sauvages, les visages sont radieux, détendus. L'alcool délie nos corps et nos langues, fous rires, discussions enflammées, des étincelles plein les yeux. Demain nous irons à ce marché que j'aime tant. Déjà nos spéculons, les goûts, les odeurs, les gens, la terrasse du café.

 

Je pars me coucher sous les stridulations des grillons, la lune est haute et me guide.

 

16:59

05 mars 2010

Petits riens

En ce moment je ne suis plus bonne à rien.

L'impression que mon cerveau absorbe trop de choses à la fois sans parvenir à les intégrer, il travaille en permanence tel un processeur soumis à des calculs savants.

Il parait qu'il existe des processeurs multicoeur, peut être qu'on m'en a greffé un.

Sinon comment expliquer que mon coeur prenne souvent le pas sur mon esprit ? Ça doit être ça.

 

La mine renfrognée je vaque à mon quotidien sans grandes convictions mais je garde en tête que le sourire est mon armure. Lorsque j'étais enfant la moindre petite chose me procurait un bonheur intense. Savoir capter un indice, un moment, un geste, une parole et les transformer en bonheur. Je commence maintenant !

Le sourire et le compliment de la boulangère lorsque je m'achète un pain au lait, l'accueil chaleureux de serveur-adoré à la terrasse ensoleillée du café.

En voilà de belles choses, j'en profite et m'en délecte tant que je peux. Je ferme les yeux et sens la chaleur sur mon visage, tout est orange autour de moi, je m'imagine au beau milieu de cette place, dans ce village de campagne que j'aime tant.

 

L'ambiance du marché où les discussions vont bon train, mon ami l'apiculteur, l'odeur des tomates bien mûres, les olives dégustées à l'apéro, l'anis dans nos verres, les rires. La brise dans les feuilles adoucit le soleil mordant.

 

Mon café arrive, je sors de ma rêverie.

Je prolonge l'instant mais déjà je dois quitter cette terrasse. Café gentiment offert, bonne journée ma chérie, à bientôt.

Ce matin une boulangère, du soleil, un serveur-adoré m'ont mis du baume au coeur. Plus tard ce sera copine-adorée.

 

Beaucoup de petits riens qui sont bien plus que ça.

15:40